ELGARRETARATZEA rassemblent en faveur des droits des prisonnier-e-s politiques basques
dimanche 16 mai 2010
CONTRE LES FAMILLES DE PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES
Voilà 6 mois la Direction des Institutions Pénitentiaires espagnole instaurait l’application de fouilles par palpation contre les familles de prisonniers politiques basques.
La moitié d’une année, une éternité pour tous ceux qui attendent avec appréhension de savoir s’ils pourront partager un instant avec leurs proches au bout de plusieurs centaines de kilomètres de voyage.
Un changement semble avoir eu lieu depuis mais des cas de fouilles arbitraires continuent de se succéder chaque fin de semaine.
Le collectif des familles de prisonniers politiques basques avait reçu avec soulagement le communiqué d’EPPK (prisonniers politiques basques) du 28 mars 2010 qui annonçait un revirement possible du pouvoir espagnol mettant fin à l’ordre de fouiller par palpation les familles pour l’accès aux visites. Plusieurs dizaines de familles n’avaient pu serrer dans leurs bras ou embrasser qui une sœur, qui un fils prisonnier et cela au bout d’un voyage de plusieurs centaines de kilomètres pour parvenir jusqu’à eux, avec le vague espoir que le fonctionnaire pénitentiaire de service ne leur infligera pas un traitement dégradant.
Pour plusieurs familles, l’espoir s’est envolé dès la porte de la prison franchie en constatant que certains directeurs n’affichaient nulle intention de cesser ces fouilles particulières. Ces familles, pas une ni deux mais des dizaines, furent à nouveau obligées de refaire le trajet en sens inverse sans avoir pu serrer leurs proches dans les bras.
Le secrétariat général des Institutions Pénitentiaires avait diffusé le 30 octobre 2009 une circulaire dans toutes les prisons espagnoles. Y était spécifié l’ordre de fouiller par palpation corporelle les familles de tous les prisonniers basques avant chaque visite. Malgré plusieurs demandes, la communication du texte intégral de cette circulaire n’est pas autorisée et l’on ne peut donc connaître son contenu exact, sa motivation ou quelque détail que ce soit concernant cet ordre donné par le Ministère de l’Intérieur espagnol.
L’avocat basque Ainhoa Baglietto a précisé au quotidien Gara que le contenu de cette circulaire n’est pas répertorié ni dans la Loi Générale Pénitentiaire, ni dans le Règlement qui en découle, alors qu’il s’agit là d’un précepte obligatoire pour une telle exception. Selon l’avocate, pour que cette norme soit mise en pratique une motivation particulière ou individuelle est obligatoire alors qu’il n’en a pas été tenu compte pour réaliser ces fouilles de familles basques, fouilles les visant dans leur ensemble et de façon arbitraire.
Des centaines de plaintes ont été déposées par les familles, soit dans les prisons, soit devant les juges correspondants et aussi auprès de la Salle de Contentieux Administratif de l’Audiencia Nacional espagnole. Dans leurs plaintes, les familles et leurs avocats insistent sur le fait que ces fouilles particulières peuvent porter atteinte au respect de la vie privée, pris en compte par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Bien que la majorité de ces plaintes n’ait pas aboutie, en Mars 2010 les chefs de service de certaines prisons espagnoles ont fait savoir aux détenus basques que cet ordre de fouilles avait été suspendu et que dorénavant, si des fouilles de ce genre étaient réalisées, elles devraient l’être pour des raisons concrètes et motivées. Cependant, cette directive ne semble pas être parvenue à toutes les prisons et, au contraire, certains directeurs ne semblent pas avoir l’intention d’annuler l’ordre reçu en octobre dernier.
OBSTACLE SUPPLEMENTAIRE
Alors que le revirement des Institutions Pénitentiaires est accueilli positivement, l’avocate A. Baglietto avertit que dans certaines prisons un obstacle supplémentaire s’est présenté. En effet, pour que tous les proches venant d’Euskal Herria (Pays Basque) ne soient pas fouillés ensemble, les fonctionnaires font leur possible pour qu’ils ne puissent se rendre en groupe aux visites, en changeant les prisonniers de division/module ou en variant les heures de visites.
Ces changements entraînent une grave conséquence pour les déplacements vers les prisons. La grande majorité des familles, spécialement celles dont les proches sont incarcérés dans les lieux les plus reculés du territoire espagnol, organisent ensemble leurs voyages, soit en autocar ou fourgonnette, soit en covoiturage. Ceci leur permet de réduite le préjudice économique engendré par la dispersion des prisonniers politiques basques, permet une plus grande sécurité en limitant les heures de conduite pour chaque conducteur et permet à des chauffeurs bénévoles tels ceux de « Mirentxin » d’apporter leur contribution altruiste.
Avec la modification des horaires des visites, de nombreuses familles ne peuvent plus voyager ensemble. C’est par exemple le cas de celles qui doivent se rendre à la prison de BADAJOZ (sud-ouest de l’Espagne). Alors qu’auparavant toutes les visites pouvaient se faire les Samedis, elles sont maintenant partagées entre le samedi et le dimanche. Ce sont donc deux fourgonnettes qi se dirigent chaque week-end vers cette ville d’Estrémadure, doublant le coût financier pour les familles et augmentant les risques d’accidents.
Les familles qui doivent se rendre aux trois prisons de PUERTO-de-Santa-Maria près de Cadix voient aussi leur situation se compliquer davantage. En plus du minimum de 28 heures d’autocar, elles doivent patienter encore durant plusieurs heures « mortes » près des prisons, dans l’attente que toutes les familles aient terminé leurs visites qui ne sont plus regroupées dans un même créneau horaire.
AGRESSIONS PROVOQUEES PAR LES MATONS
La circulaire ordonnant de fouiller les familles des prisonniers politiques basques a été immédiatement considérée comme une mesure ad hoc contre le collectif des prisonniers politiques basques et leurs proches. Cependant, certains fonctionnaires tentent de camoufler cette nouvelle attaque en fouillant aussi des familles de prisonniers de droit commun. Cette initiative a suscité des faits tels ceux subis par les prisonniers politiques basques Diego UGARTE et Unai BILBAO le 12 avril dernier dans la prison andalouse de PUERTO II. Ils ont été agressés par plusieurs prisonniers de droit commun qui y avaient été incités préalablement par les matons, rejetant la responsabilité de leur situation sur les prisonniers basques.
Cette décision de fouiller les familles qui crispe l’atmosphère dans les prisons semble avoir franchi les frontières de l’Etat espagnol car la même semaine l’on apprenait que les familles de prisonniers politiques basques qui s’étaient déplacées jusqu’à la prison de CLAIRVAUX (nord-est) ont été fouillées elles aussi.
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Depuis que cette nouvelle norme a été imposée, fin octobre 2009, les prisonniers politiques basques ont perdu des milliers de visites. Ceux qui n’ont eu aucun contact avec leurs êtres chers depuis lors sont nombreux. Et tout en sachant que chaque prisonnier aurait de quoi conter, nous relatons ici quelques-uns des cas qui reflètent la cruauté subie pour accéder aux parloirs.
En décembre, les fonctionnaires de la prison de SORIA obligèrent un invalide, ami du prisonnier Gaizka GAÑAN à se déshabiller alors qu’il souhaitait effectuer une visite. Il n’avait jamais eu de problèmes jusqu’alors pour les réaliser. Les gardiens eux-mêmes lui remettaient des béquilles en vois en échange des siennes afin qu’il puisse passer au détecteur de métaux. Le 6 décembre, cependant, on le laissa sans béquilles, on l’obligea à baisser ses pantalons alors qu’il ne peut le faire lui-même et aussi à quitter ses lunettes, lui enlevant ainsi quasiment toute vision.
Ces fouilles ne semblent pas non plus tenir compte des âges car même un enfant de 21 mois dut passer entre les mains des gardiens. Ce fut le cas du fils du prisonnier originaire de St-Sébastien, Xabier TXIMENO. Après avoir parcouru les 570 km séparent Donostia de Valence, il dut faire le parcours en sens inverse sans avoir vu son père.
Selon les familles elles-mêmes, cette manœuvre vise à « serrer encore plus la vie ». Elle a permis que des proches de prisonniers soient sanctionnés et même arrêtés. Ce fut le cas du père d’Iñaki PEÑA détenu plusieurs heures dans la prison de CURTIS pour avoir refusé la fouille avec palpation.
Le veto imposé cette semaine même (8 mai 2010) au frère du prisonnier Pau ASENSIO, lui interdisant l’entrée de la prison durant 9 mois, est un autre exemple de cette stratégie de harcèlement des familles. Punition qu’elles connaissent malheureusement déjà bien.
Ainsi, dans le but de fracturer le collectif des familles, les fouilles aléatoires qui ont lieu dans certaines prisons sont pratiquées toujours sur les mêmes personnes, ce qui fait penser à l’association des familles ETXERAT que les fonctionnaires établissent peut-être des « listes noires de familles ».
MOUVEMENTS DE PROTESTATION
Afin de réagir face à ces fouilles spécifiques, de nombreuses protestations ont lieu tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons.
Les prisonniers politiques basques de la prison d’ALMERIA (Andalousie) en sont un exemple puisqu’ils réalisent des mouvements de protestation en restant enfermés 24h sur 24 dans leurs cellules, régulièrement chaque semaine depuis novembre 2009.
La protestation massive suivie par tout le collectif des prisonniers politiques basques en février, annulant toutes les visites des familles est un autre exemple de cette lutte.
En dépit des dures conséquences personnelles engendrées par l’absence de visite, l’association des familles ETXERAT a averti récemment qu’elle « est prête à réaliser cette dynamique de protestation et dénonciation jusqu’où cela sera nécessaire » afin d’obtenir des conditions de visite dans la dignité.
SIX MOIS SANS SE TOUCHER ET TROIS MOIS SANS VISITE
Aitor LIGUERZANA fut arrêté en novembre 2009 dans la rafle menée contre 34 jeunes indépendantistes et depuis lors il n’a plus de contact avec sa famille. Sa mère, sa compagne et un neveu ont été punis pour avoir refusé d’être palpés par les gardiens et, depuis 3 mois, ils n’ont donc pu visiter Aitor.
Sa compagne Naroa Lopez SUSAETA relate que quand il fut emprisonné à Soto-del-Real les prisonniers politiques basques en place étaient en pleine lutte et refusaient les visites en raison des fouilles avec palpation qui devaient être imposées aux familles. Alors que toutes les visites de novembre et de décembre avaient été perdues, en janvier, au début de la dynamique de lutte entreprise par EPPK (collectif des prisonniers politiques basques) les prisonniers tentaient de maintenir des visites. Naroa obtint un premier parloir intime le 22 janvier. C’est la seule famille venue depuis Euskal Herria (Pays Basque) et alors qu’elle s’apprête à entrer les fonctionnaires la mettent dans une pièce à part pour la fouiller. Elle refuse et repart en Euskal Herria sans voir son compagnon. 5 jours plus tard, elle revient dans cette prison madrilène car elle doit s’y marier, mais auparavant elle doit subir une fouille « sévère ». Ils la font déchausser, l’obligent à écarter bras et jambes et les fonctionnaires palpent tout son corps devant et derrière « me faisant sentir mal à certains moments en raison des parties qu’ils palpaient » dénonce-telle. Elle se souvient que la pièce où ils l’ont maintenue à part des autres visiteurs était si petite qu’elle pouvait tout juste y entrer avec les deux bras ouverts.
Après cette fouille, elle parvint à voir son compagnon pour la première fois depuis l’arrestation mais ce sera aussi la dernière à ce jour. Deux jours après le mariage, elle retourne à la prison en compagnie de la mère et d’un neveu du prisonnier. C’est là qu’on lui notifie que toutes les visites leur ont été supprimées pour trois mois.
Elle ne sera pas la seule dans ce cas. Toutes les familles basques qui s’étaient rendues la dernière semaine de janvier 2010 à SOTO-DEL-REA (Madrid) ont été punies de la même manière, certaines sans même avoir refusé d’être fouillées à corps.
CONDAMNATION
Le Tribunal européen des Droit de l’Homme a condamné la Grande-Bretagne, estimant que les pouvoirs accordés à la police pour arrêter et fouiller les citoyens portent atteinte à la Convention européenne des Droits de l’Homme.
Traduit du quotidien GARA du 9 mai 2010 (U. Parot)
GREVE DE LA FAIM ILLIMITEE A JAEN
CONTRE LES FOUILLES PAR PALPATION
Les 14 prisonniers et prisonnières politiques basques incarcérées dans la prison andalouse de JAEN, parmi lesquels José Mari SAGARDUI « GATZA » (qui en juillet 2010 accomplira 30 ans de prison) se sont mis en grève de la faim illimitée en signe de protestation contre les tentatives de « fouilles humiliantes » que l’on veut encore imposer à leurs proches à chaque visite.
En signe de rétorsion 4 d’entre eux ont été transférés dans une prison encore plus éloignée à ALGECIRAS.
(Extrait de GARA des 12 et 14 mai 2010)
mardi 11 mai 2010
Rédaction - 10/05/2010 | eitb.com |
Quatre jeunes du Pays Basque nord sortent ce lundi après-midi sous contrôle judiciaire, presqu'un an an après avoir été interpellés pour une enquête sur des attentats contre des biens immobiliers.
Le comité de défense des prisonniers basques Askatasuna a fait savoir par communiqué de presse que 4 jeunes du Pays Basque nord retrouvaient la liberté sous contrôle judiciaire ce lundi après-midi, près d'un an après leurs interpellations.
Si 9 des 12 personnes arrêtées avaient été relâchées sans charges contre elles, Xan Beyrie, Eneko Etxegarai, Ibai Agirrebarrena et Guilen Goiti avaient été arrêtés le 27 juin 2009 lors d'une opération policière menée par la Direction Nationale de l'Anti-Terrorisme (DNAT) dans le cadre d'une enquête sur un attentat contre une maison à Jatxou en janvier 2009.
A son transfert à Paris, Xan Beyrie avait été mis en examen, laissé libre sur intervention du juge des Libertés et de la Détention, avant que le parquet antiterroriste ne demande et n'obtienne son incarcération à Fleury Merogis.
La dernière opération de ce type en Pays Basque nord s'est soldée le 31 mars 2010 par huit arrestations hier, en Labourd, toujours dans le cadre d'enquêtes sur des attentats ou tentatives d'attentats, et rapportées au mouvement "Euskal Herria ez da salgai !" (le Pays Basque n'est pas à vendre).
A ce jour, Mattin Olçomendi et Peio Irigoyen sont toujours incarcérés à Paris.
lundi 10 mai 2010
Eneko Etxegarai, Xan Beirie, Ibai Agirrebarrena eta Gilen Goiti gazteak libre aterako dira arrats huntan
Eneko Etxegarai, Ibai Agirrebarrena eta Gilen Goiti gazteak Parisera eraman zituzten eta bertan kartzelan sartzeko agindua eman zuen jujeak. Handik egun batzutara, prokuradoreak Xan Beirie askatzeko aginduari helegitea ezarri eta gero, gazte kanboarra ere sartu zuten presondegian.
Orotara 12 pertsona atxilotuak izan ziren Ipar Euskal Herrian EHZ festibalaren atarian burutua izan zen polizi operazio horretan. Hai zuzen ere, atxilotuak festibalaren bolondresak zirenez, bere aldeko elkartasun ekitaldia egin zuten Heletan.
Atxilotuen herrietan mobilizazio jendetsuak egin zituzten ere. "Kalaka afera" edo kale erasoak aipaturik, geroztik poliziak hamarnaka jende atxilotu, konbokatu eta galdezkatu dituela salatu zuen, joan den astean, Askatasunak. Bereziki azken bi urtetan, gazteen gaineko kontrol poliziala azkartu dela nabarmendu zuen amnistiaren aldeko mugimenduak.
Heldu den larunbatean, maitzak 15ean, manifestazioa deitu dute Donibane Lohizunen "gazteen aurka etengabe doan polizi jazarpen hori" salatzeko.
Bestalde, joan den astean Ziburun eta Hendaian atxilotu zituzten lau gazteen aurkako -Olatz Izagirre, Karlos Renedo, Gaizka Likona eta Asier Coloma - euroagindua aztertuko du, bihar, Paueko Auzitegiak.
dimanche 9 mai 2010

20 URTE PRESO, ASKI DA !!
*maiatzak 21 mai :
Hazparnen Xuriatean, à Hasparren à Xuriatea
bertso afaria / repas du soir bertso
avec Xumai Murua, Jexux Mari Irazu,Aitor Sarriegi
Senperen , Plazan à St Pée sur nivelle,
Bazkaria repas
Bertsolariak eta gauean kontzertua et le soir concert
avec les groupes:
20 URTE PRESO ASKI DA ! TXISTOR ,JAKES ,UNAI , ION KEPA eta PRESO GUZIAK ETXERA !
Miarritzen gaztetxean, à Biarritz au Gaztetxe
Bazkaria eta animazioak
repas et animations.
mercredi 5 mai 2010
mercredi 28 avril 2010
Adio tout le monde! n'oubliez pas le rassemblement du dernier vendredi en faveur des droits des prisonnier-e-s politiques basques
EZ AHANTZ !!! AZKEN OSTIRALA BAIONAN KONZENTRAZIOA
APIRILAK 30 AVRIL
18:30 RONDPOINT ST LEON à bayonne
euskal preso politikoak etxerat!
presoak borrokan gu ere bai!
les prisonnier-e-s politiques basques en lutte , nous aussi!
et à uztaritzen :
lundi 19 avril 2010
Sujet à la une
L'affaire Jon Anza s'impose à Paris

17/04/2010
ENTRETIEN/ Gabi MOUESCA / Chargé de mission «prisons" à Emmaüs et membre du Collectif Jon Anza
C'est aujourd'hui à 17 heures que doit avoir lieu la manifestation organisée par le Collectif Jon Anza à St-Jean-de-Luz et qui démarrera de la Place Louis XIV. Manifestation pour «exiger la vérité» sur la disparition et la mort du militant basque, dont le corps a été retrouvé à la morgue de Toulouse le 11 mars dernier. Selon la version officielle il serait mort le 11 mai 2009 à l'Hôpital Purpan de cette même ville. Seule certitude le 18 avril 2009, Jon Anza prit le train en gare de Bayonne pour se rendre à Toulouse. Cela sera la dernière fois que ses proches le verront vivant. Depuis sa famille et ses amis se sont démenés pour savoir ce qu'il était advenu de lui. Jusqu'à l'apparition de sa dépouille dans des circonstances troubles et inexpliquées. Dix mois après sa mort supposée. Entre-temps, le 20 mai 2009, ETA indiquait dans une note que Jon Anza avait un rendez-vous avec l'organisation armée, à qui il devait remettre une somme d'argent. Rendez-vous auquel il ne se rendra pas. Et ETA d'affirmer que derrière ce qui s'annonçait déjà comme une disparition, se cachait une action de «guerre sale.» C'est donc pour rompre le silence, entourant souvent ce genre d'affaires, que d'aucuns souhaitent ne jamais voir élucidées, que le Collectif Jon Anza appelle à manifester dans la ville de St-Jean-de-Luz. Où la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie occupe le poste de première adjointe à la municipalité. Vérité et justice seront au centre de cette manifestation. Abertzaleen Batasuna, Aralar, Batasuna, Eusko Alkartasuna et le Nouveau Parti Anticapitaliste se sont rassemblés pour appeler à y participer. Plus de 70 élus ont également souscrit à l'appel, ainsi que le syndicat LAB, les mouvements Segi, Askatasuna, Autonomia Eraiki, les travailleurs de Sokoa (collègues de Jon Anza), le chanteur Fermin Muguruza et une quarantaine de bertsulari. «La vérité ne connaît pas de couleur politique» ont lancé les organisateurs de la manifestation. Nous avons interrogé Gabi Mouesca qui est membre du Collectif Jon Anza à ce sujet
Quel sentiment vous inspire l'action réalisée par plusieurs militants qui ont déployé une banderole sur l'Arc de triomphe ? Et où l'un d'eux a été blessé?
A l'évidence on est face à une action qui s'inscrit dans la volonté des personnes qui veulent savoir ce qui s'est passé. Nous voyons bien qu'il y a une demande sociale forte de plus en plus partagée. Il y a bien sûr la tristesse de savoir qu'une personne a été blessée. Et nous attendons d'avoir plus de détails.
Que pensez-vous de la version officielle sur l'affaire Jon Anza tendant à accréditer une cascade de dysfonctionnements, tant au niveau de l'enquête comme sur les réponses apportées par l'administration ?
Il faut rappeler que cette affaire s'est déroulée sur le territoire de l'Etat français qui comme on le sait, brille par son «excellence» en matière de police et de justice !
Mais personne de sensé au Pays Basque ne croit à cette version. Juste pour cet événement gravissime, rien n'aurait fonctionné normalement et tout aurait été une succession de hasards malheureux. Pas une seule personne peut croire à cela !
Un des slogans de la manifestation d'aujourd'hui organisée par le Collectif Jon Anza sera «Nous voulons la vérité.» Comment réussir à obtenir cette vérité ?
Tout d'abord clamer que «nous sommes tous des Jon Anza en puissance.» Rappelons qu'il n'y a pas que les partis politiques qui appellent à manifester, mais de nombreux élus et associations. Car tout le monde doit se sentir concerné, que cela soit pour des raisons politiques ou humanitaires, tout le monde se retrouve autour de cette recherche de la vérité. Il faut se mobiliser et c'est une conception purement citoyenne qui amène à cette mobilisation. Au-delà du cas tragique du militant Jon Anza, il faut mettre en question le fonctionnement de l'Etat français. Et notre conviction est de plus en plus forte : Jon Anza a été victime d'un acte illégal provoqué par des représentants de services étrangers sur le sol français. Et tous les citoyens, qu'ils soient ou non abertzale, doivent connaître les faits et la vérité. Et surtout, ce qui permet, que de tels événements puissent se produire.
Vous estimez donc que cette revendication de recherche de la vérité doit dépasser la sphère du monde abertzale ?
De fait, cette exigence de vérité concerne tout un chacun. C'est une exigence citoyenne. et cela dépasse les limites du monde abertzale. Nous devons exiger des réponses de l'Etat français et de l'Etat espagnol. Car cette affaire démontre que des Etats qui se revendiquent démocratiques, peuvent poser ou couvrir de tels actes.
Neuf militants ont été libérés hier soir, un autre se trouvait à l'Hôpital après l'action qu'ils ont menée à Paris : Plusieurs militants basques ont déployé une banderole hier matin vers 10 h 30 en haut de l'Arc de Triomphe à Paris. Ils se sont arrimés à la façade de l'édifice et sont descendus en rappel du toit du monument, jusqu'au premier parapet, face à l'avenue des Champs-Elysées. Ils ont déployé une banderole rédigée en français et en anglais, où l'on pouvait lire : «PSOE UMP : Qu'avez-vous fait de Jon Anza.»
Selon un communiqué envoyé à notre rédaction par les jeunes militants, «lorsque les policiers sont arrivés ils ont détaché une première personne malgré ses avertissements. Une seconde personne, qui était reliée par la même corde, n'étant plus retenue, a chuté de 20 mètres.» Il s'agit d'un jeune militant de 29 ans. Atteint de fractures aux chevilles et d'un traumatisme crânien il a été admis à l'Hôpital Georges Pompidou et son pronostic vital ne serait pas engagé. Par ailleurs, selon le service de presse de la Préfecture de Police de Paris, neuf jeunes gens ont été gardés à vue toute la journée d'hier au commissariat du 8e arrondissement, puis mis en liberté dans la soirée. «Une enquête serait en cours» a ajouté la Préfecture de Police.
Le site internet de l'hebdomadaire L'Express indiquait pour sa part «que les militants ont été mis en garde à vue pour violation de sépulture et violence volontaire, après avoir malmené une employée du site qui tentait de les empêcher de mener leur action.»
Plusieurs rassemblements devaient avoir lieu hier soir à Hendaye, Larceveau et Bayonne, afin de protester contre ces arrestations, ainsi que celles perpétrées par la Guardia Civil au Pays Basque Sud et qui est toujours ouverte. L'action à Paris intervient pratiquement jour pour jour, un an après la disparition de Jon Anza et 48 heures avant la manifestation qui doit se dérouler aujourd'hui à St-Jean-de-Luz.
Béatrice MOLLE